Mot de la Paroisse mois de Novembre

Nous savons, en effet, que maintenant encore la création entière gémit et souffre comme une femme qui accouche. (Rom 8:22)

J’aime beaucoup cette image utilisée par Paul pour nous parler de la souffrance du monde.

Car oui, la création souffre, nous en percevons les gémissements partout autour de nous : sécheresses ou inondations, maladies et deuils, disparitions d’espèces animales ou invasions de nuisibles, sur-exploitation des ressources et des travailleurs…

Et, n’en déplaise à certains, ce n’est pas nouveau…

En fait, une des plus grande richesse de la Bible est résumée dans l’Ecclésiaste : il n’y a rien de nouveau sous le soleil[1]. Et même si cela peut sembler pessimiste, c’est ce qui nous permet de trouver des vérités pour nos vies dans un texte aussi ancien, et qui nous permet de nous replacer à notre échelle.

L’histoire humaine n’est rien à l’échelle de celle de Dieu, et même les ~ 5000 ans de période historique que nous connaissons sont négligeables à l’échelle de notre espèce Homo Sapiens.

C’est face à ces temporalités lentes, longues voir éternelles que nous devons regarder notre évolution, pour pouvoir appréhender la manière dont nous évoluons, dont notre monde évolue.

S’il n’y a bien rien de nouveau sous le soleil, et si la création souffre dans les douleurs de l’enfantement aujourd’hui comme du temps de Paul, il y a quand même des évolutions et des transformations structurelles du monde, pour le meilleur et pour le pire (par exemple les progrès médicaux depuis deux siècles rendent caduque l’exhortation à pulluler qui était nécessaire pour notre espèce quand la mortalité infantile était de l’ordre de 80%).

La création souffre sans conteste plus aujourd’hui du fait de la démographie humaine, de l’industrialisation, du changement climatique à l’œuvre que du temps de Paul, mais si ses douleurs ont gagné en intensité, elles restent du même ordre : il ne s’agit pas d’une maladie que nous devrions soigner ou éradiquer, mais des douleurs de l’enfantement, qui, dans notre espérance, précèdent la naissance d’un nouveau ciel et d’une nouvelle terre, la Jérusalem céleste de l’apocalypse, le loup et l’agneau qui paîtront ensemble d’Esaïe 65… Et c’est là une nuance essentielle : si la création geignait parce qu’elle était malade, cela signifierait que nous aurions une maladie, un mal à combattre, et nous pourrions reprendre les bonnes vieilles pratiques de l’inquisition. Mais si les douleurs de la création sont celles d’un accouchement, il n’y a pas de traitement à apporter, mais un soutien, un accompagnement, une main qui rassure, un regard qui encourage…